Les manifestations de cet état ne sont pourtant pas exeptionnelles : l'instant est fugace, mais bien réel. L'impression d'osmose rejoint l'idée d'un jeu et d'un plaisir partagés.
Que ce soit en pleine épreuve, dans la griserie du "chrono", au paddock à la recherche d'une concentration maximum, ou plus simplement au box ou en forêt, nous pouvons éprouver alors un sentiment de plénitude ou d'accomplissement. Dans ces moments, le cheval devient notre propre prolongement. Nous sommes présents ensembles, ici et maintenant. Il existe à nos côtés et nous le fait totalement comprendre. C'est gratifiant. C'est un état de grâce, une sorte de plénitude, alors qu'il est en pleine possession de ses moyens. Les images défilent, l'impression s'inscrit, et le fait que nous soyons tous les deux tellement e phase avec l'événement, la réalité, l'enjeu et l'environnement fait que nous ne formons qu'UN : le cavalier pense le geste, et à peine est-il pensé quil est exécuté, sans donner l'impression d'agir ostensiblement. C'est inouï, mais véritable.
Si j'insiste sur cette impression, c'est que je suis persuadé que, pour beaucoup, cette sensation est accessible à partir du moment où l'on croit à un échange possible avec son cheval.
C'est-à-dire que l'on peut dépasser la simple utilisation fonctionnelle de son partenaire et laisser émerger ses sentiments en dehors de toute technique pré-apprise.

